Fête Nationale au Cameroun:

 

 

Un référendum organisé par le président Ahidjo le 20 mai 1972 a mis fin à 11 années de fédéralisme.

La République Fédérale est devenue République Unie. Sur toutes les lèvres, la lancinante question demeure de savoir si effectivement le Cameroun vit la réalité de l’Unité. 

 

Le Cameroun, sous Paul Biya est passé en 1984 de « République Unie » à « République » tout court. Une autre étape dans la marche entamée vers l’unité en 1972. Ainsi, la 36e édition de la fête nationale a été célébrée hier. Une célébration pareille à celle des années antérieures, quoique jugée morose par certains observateurs. Oubliée parfois au profit du côté festif de l’événement, l’origine de la fête du 20 mai 1972 n’est pas toujours claire dans l’esprit  de tous.

Voici un extrait d’un texte du Professeur Daniel Abwa, Historien. Il y donne certaines clés pour comprendre ce qui s’est passé ce 20 mai 1972 :

« Au moment où le Cameroun français obtient son indépendance, le 1er janvier 1960, le Cameroun britannique est encore sous la dépendance de

la Grande Bretagne. 

Le 11 février 1961,
la Grande-Bretagne lui impose le choix, au cours d’un plébiscite, entre l’indépendance dans le cadre de la fédération nigériane, ou l’indépendance dans le cadre d’une union avec
la République indépendante du Cameroun. Les résultats du plébiscite partagèrent la poire en deux, la partie nord du Cameroun britannique se rattachant au Nigeria, tandis que la partie sud s’unissait au Cameroun français devenu indépendant. 

Le 1er octobre 1961, ce fut la naissance de

la République Fédérale du Cameroun, Ahmadou Ahidjo devenu Président de

la République Fédérale adopta une stratégie visant à amener les leaders politiques du Cameroun occidental à entrer dans ses vues. 

Il obtint une première victoire lorsque, le 1er septembre 1966, tous les partis politiques du Cameroun occidental et certains du Cameroun oriental acceptèrent de se saborder afin de former, avec l’Union Camerounaise, l’UC, un parti unifié. 

C’est dans le cadre de ce dernier, l’Union Nationale Camerounaise, l’UNC, que furent élaborées toutes les réflexions et les démarches qui allaient aboutir, le 20 mai 1972, à la création de l’Etat unitaire ». 

Voilà notre histoire. Celle que l’on enseigne dans nos écoles. A côté, il faut noter qu’Ahidjo a dû régler, au début des années 70,  la question de ceux qu’il appelait « maquisards », les militants de l’UPC notamment,  avec la plus grande fermeté. C’est dire en réalité que le Cameroun de 2008 est le produit, non seulement de plusieurs événements, mais aussi de plusieurs figures historiques.

La réunification de notre pays, obtenue le 1er octobre 1961 à Foumban, à l’issue de négociations  entre dirigeants des « deux » Cameroun, est revenue sur la sellette deux fois. D’abord au début des années 90, quand le Cameroun tout entier découvre ce que Junior Binyam (Mutations) appelle « les dénégations de John Ngu Foncha et autre Salomon Tandeng Muna ». Ces « grands » du Cameroun anglophone revenaient simplement sur ce qu’ils considéraient comme une noyade politique dont ils ont été victime.

 Il y a ensuite les sécessionnistes, issus eux aussi de la partie anglophone du  pays qui s’estimant avoir été trompés par le Cameroun français, retiennent le 1er octobre 1961 comme l’indépendance de ce qu’ils ont appelé la « République d’Ambazonie ». Celle-ci regroupe les deux provinces ayant connu la tutelle britannique.

Tout ceci pousse à l’interrogation quant à la réalité de l’unité nationale. Quoique les discours officiels soient assourdissants sur cette réalité, des voix s’élèvent quelque fois en contradiction, pour condamner certaines attitudes qui expriment à ciel ouvert la revendication d’un monopole ethnique quelconque. Quand les élites du Mfoundi (Centre) marchent contre les « étrangers » qui doivent rentrer chez eux, n’est-on pas en plein délire ? Il nous semble urgent de prendre des mesures pour mettre de l’ordre partout où besoin se fait sentir. Pour que tous, gouvernants et gouvernés puissent comprendre que l’unité peut se vivre.

Kadje Kamga

 




Incivisme

La “téléphonie automobile” étend son réseau au Cameroun

On ne peut nier les bienfaits que l’usage du téléphone portable nous a apporté. Malheureusement, des automobilistes veulent en faire un instrument de mort violente.

Paul T. est chauffeur de taxi dans la ville de Douala. Hier, il était de service. Sur le chemin, son téléphone portable sonne. Paul s’excuse auprès de ses passagers, clignote, et gare son véhicule au bord de la route. Il a pour une minute de conversation. Quand il a fini de converser, il reprend la route. Tous les passagers, bien que surpris de constater que ce soit un chauffeur de taxi qui soit si « civilisé », approuvent largement cette prudence. Les chauffeurs de taxi en effet, sont très souvent considérés comme des délinquants qui ne font qu’à leur tête. Pour Paul, ce n’est pas seulement une question de « civilité », mais de prudence : « Que dirais-je, si pendant que je suis au téléphone, je cause un accident ? Vos vies, la mienne, et celles de ceux de l’autre véhicule sont inutilement en danger. Je préfère vous faire arriver en retard à vos rendez-vous que de vous faire ne jamais y arriver… » Malheureusement, ils ne sont pas nombreux, les automobilistes qui pensent et agissent de la sorte. En grande majorité, ils donnent une image pathétique de personnes qui tiennent à faire valoir quelque chose, et plus singulièrement, leur réussite sociale. Sur les artères de nos métropoles, ils ont toujours une main à l’oreille, l’autre sur le volant. L’allure fière, ils tiennent absolument à se faire remarquer par les pauvres piétons qui d’après eux ne peuvent pas s’offrir un véhicule. Mais pour quelles raisons peut-on émettre ou répondre à un appel téléphonique en pleine conduite automobile ? La question n’est pas anodine. L’enjeu est grand, et ce sont de nombreuses vies que l’on met en danger, dans l’insouciance totale. « Ecoutez, je suis homme d’affaires, je ne peux laisser tomber mes affaires. Il faut que je rattrape le temps. Si c’est un partenaire avec qui un accord me rapportera gros, ne me demandez pas d’ignorer son appel sous le prétexte que je suis au volant… », a déclaré une de ces personnes qui téléphonent en même temps qu’ils conduisent. Pour un autre, c’est l’importance du coup de fil qui détermine s’il faut ignorer ou prendre un appel : « Ma femme peut avoir à me communiquer un important message que j’attends…Je prends le coup de fil, et je ralentis le véhicule. » C’est clair que de telles réflexions montrent que nous ne sommes pas encore sortis de l’auberge. On a connu lors des campagnes contre les accidents de route, des slogans du genre : « conduire ou boire, il faut choisir.» Le gouvernement s’était investi pour faire comprendre aux usagers de la route que celle-ci « tue. » Des équipes de sensibilisation avaient fait le tour du pays, dans l’objectif de sensibiliser les automobilistes sur la nécessité de se soucier des vies humaines lorsqu’ils sont au volant. On ne peut pas dire qu’ils ont véritablement compris. Les autorités devraient faire de même avec l’usage du téléphone pendant qu’on est au volant. « Conduire ou téléphoner, il faut choisir » devrait être le slogan à faire circuler dans les centres-villes où les grosses cylindrées se font remarquer par des propriétaires occupés, non pas à tenir le volant, mais à téléphoner. Et un accident est vite arrivé. Le ministère des transports devrait sérieusement réfléchir à faire entendre raison à ces défenseurs de l’incivisme, pour que soient évitées des morts inutiles.

 Kadje Kamga

Vie Chère

Les solutions adoptées en Afrique 

L’Afrique toute entière a connu au cours de cette année une vague de manifestations et des émeutes contre la vie chère. Suite à ces démonstrations de mécontentement des populations africaines, des mesures ont été prises sur le plan national, régional et même international. 

Le prix élevé du carburant sur le marché mondial avait entraîné au Cameroun une grève des transporteurs en fin février. En marge de cette grève, des émeutes ont fait, selon les chiffres du gouvernement, 40 morts, pendant que certaines organisations de défense des droits de l’homme avançaient les chiffres de 100 victimes. La même semaine, deux décrets présidentiels sont signés portant respectivement relèvement de 15 pour cent des salaires dans la fonction publique et rétablissement de l’indemnité de non logement des agents publics à 20 pour cent. De même, les droits de douanes sur plusieurs produits de première nécessité : riz, huile, poisson, et farine entre autre sont suspendus. A cela, s’ajoute la diminution des tarifs de l’électricité, l’ajustement sur l’augmentation des prix des carburants, la réduction de 20% à 10% des droits de douane sur le ciment. Le ministère du commerce décide d’homologuer les prix des produits en mettant sur pied des cellules de surveillance qui font le tour des marchés pour veiller à l’application des nouveaux prix. Par ailleurs, des caravanes vendant des produits à prix abordables sillonnent les quartiers et les marchés. 

Dans le même ordre d’idées, le Premier ministre camerounais Ephraïm Inoni a décidé de la réduction du train de vie de l’Etat, qui inclut cesser l’achat de “véhicules administratifs”, réduction du nombre de missions à l’étranger ainsi que la taille des délégations. Il a aussi demandé au ministère des Finances de travailler à la “maîtrise” des dépenses de fonctionnement de l’Etat. 

L’agriculture : bouée de sauvetage 

Selon le Programme alimentaire mondial (PAM), le côté positif de la crise alimentaire mondiale a créé une occasion favorable pour un recentrage sur l’agriculture et le développement rural dans les pays en développement, ciblé en particulier sur les petits agriculteurs. Ainsi, l’Association Interprofessionnel des Semences et Plants du Cameroun (ACOSEC) a organisé un séminaire atelier le 17 juillet dernier dans l’optique d’apporter des solutions pour la relance de l’agriculture. 

Au Gabon, le gouvernement annonce un ensemble de mesures fiscale et budgétaires pour lutter contre la vie chère. Entre autre, la suspension des taxes sur les produits de première nécessité, la suspension de la TVA et des taxes douanières sur les importations des produits tels que le riz, la farine, l’huile,  la baisse significative du prix de l’essence pour les opérateurs économiques du secteur de la pêche. Des mesures qui représentent une allocation de 10 milliards de F CFA sur le budget de l’Etat (montant du budget…). Mais la coalition d’ONG contre la vie chère n’est pas toujours satisfaite. Pour le président de cette coalition, Christian Richard Abiague Ngome, « de telles mesures sont transitoires et ne peuvent être considérées comme des solutions pérennes à la dégradation continue du pouvoir d’achat des ménages au Gabon (…) la révolte des paniers vides continuera malgré les mesures gouvernementales qui ne sont que provisoires ». 

En Côte d’Ivoire,  le Président Gbagbo va annoncer la baisse des droits de douane pour une série de produits de base importés. 

Au Sénégal, le Président Wade lance en avril dernier l’initiative Goana, la Grande offensive agricole pour la nourriture et l’abondance. Une initiative destinée à « réaliser le bien-être des population » par l’autosuffisance alimentaire et la production des divers services nécessaires pour la vie. Elle prévoit, en l’espace de six mois et à partir du mois d’octobre prochain, une production de deux millions de tonnes de maïs, trois millions de tonnes de manioc, 500 000 tonnes de riz paddy, et deux millions de tonnes pour les autres céréales (mil, sorgho, fonio). Pour l’élevage, les objectifs portent sur une production de 400 millions de litres de lait et 435 000 tonnes de viande. Le coût de la Goana est estimé à 344 milliards de francs CFA. M. Wade se sépare aussi de son ministre de l’intérieur, qu’il juge peu entreprenant face à la situation. 

Au Burkina Faso, le gouvernement a invité les populations à augmenter les cultures vivrières plutôt que les cultures de rente. Il a par ailleurs mis en place un mécanisme de ventes subventionnées, activé là où il y a moins de produits vendus sur les marchés et où les prix sont élevés. Le gouvernement avait  30 000 tonnes de céréales en stock au mois de juillet dernier, et le PAM compte apporter une aide à plus de 600 000 bénéficiaires. Par ailleurs, les autorités burkinabés ont annoncé une suspension de trois mois des droits de douanes sur les produits de grande consommation afin de résorber la flambée des prix. Il a été aussi question de “mieux surveiller” les prix des produits de grande consommation et de baisse des prix de 5 à 15% des produits de première nécessité dont leur l’augmentation avait été la cause des violentes manifestations dans le pays au mois de mai et juin dernier. Le Japon a octroyé au Burkina Faso deux dons d’un montant global de près de 2,7 milliards de F CFA pour l’aide alimentaire

Coalition contre la faim 

L’Institut de recherche agricole (IRAD) de Yaoundé a servi de cadre au mois de juillet à un atelier de réflexion sous-régional pour une meilleure rentabilité de la culture du riz, face à une crise alimentaire qui s’étend. Prenait part à l’atelier la République Centrafricaine, le Gabon, le Congo et le Cameroun. Le Programme alimentaire mondial (PAM) et l’Organisation des nations unies pour l’agriculture (FAO) ont fourni à ces pays la semence améliorée, l’engrais et autre intrants agricoles. Dans le cadre de Programme de coopération technique, la FAO a approuvé une série de projets dans 54 pays pour un montant total de 24 millions de dollars. Le sommet de la FAO en début juin 2008 à Rome était, selon les responsables de l’organisme, ” une occasion historique de relancer le processus de lutte contre la faim et la pauvreté tout en dopant la production agricole dans les pays en développement.” A la fin du sommet, les responsables de la FAO ont commis une déclaration, relevant la  « nécessité urgente d’aider les pays en développement et les pays en transition à accroître leur production agricole et vivrière, et à renforcer leurs investissements dans l’agriculture, les entreprises agricoles et le développement rural et ce, de sources à la fois publiques et privées  L’agence des Nations Unies a également suggéré de procéder au réexamen du service de la dette de certains pays si cela s'avère nécessaire, invitant les gouvernements à « assurer » aux agences des Nations Unies « les ressources nécessaires pour accroître et améliorer leur aide alimentaire », avant de conclure : «Nous soutenons l'établissement de systèmes agricoles et de pratiques de gestion forestière durable qui contribuent nettement à atténuer les effets des changements climatiques et favorisent l'équilibre écologique. » Il n’y a plus qu’à attendre que ces bonnes résolutions se traduisent dans les faits.  

Selon les chiffres de la FAO, il faudra 30 milliards de dollars par an pour éradiquer le fléau de la faim dans le monde.

 Edwige Ngaleu & Kadje Kamga 

Portrait de Mwanawasa

Levy-Patrick Mwanawasa, ou la politique responsable

Le décès du président zambien n’a laissé personne indifférent. C’était un « dirigeant et homme d’Etat remarquable », qui « a apporté une contribution importante à la stabilité politique, à la construction économique, à la paix régionale et au développement de la Zambie. » C’est par ces mots que la Chine a « pleuré » la disparition de Mwanawasa, adressant ses condoléances au peuple zambien. Les réactions venant du monde sont allées dans le même sens. Le défunt président a mené une bataille anti-corruption et une croisade contre la pauvreté sans précédent. Une corruption entraînée par la crise économique, l’exode rural et l’essor démographique. Assumant la présidence tournante de la Communauté de développement des Etats de l’Afrique australe (SADC), il a été parmi les plus virulents détracteurs de Robert Mugabe, navigant à contre-courant de la majorité des leaders régionaux. En 2007, Mwanawasa avait comparé le Zimbabwe à « un Titanic en train de sombrer. » Au fort de la crise zimbabwéenne en juin dernier, il avait dénoncé le « silence » de ses voisins, malgré les violences dans le pays. Le président français Nicolas Sarkozy a déploré « une grande perte pour le continent africain, qui appréciait son courage politique…Une grande perte pour la démocratie, dont il fut un ardent défenseur tout au long de sa vie. » Décédé à l’âge de 59 ans le 19 août dernier, Mwanawasa avait organisé plusieurs manifestations d’étudiants en soutien à la lutte anti-apartheid en Afrique du Sud, alors qu’il était vice-président du Syndicat des étudiants de  la Zambie. Avocat à la réputation établie, il laisse une veuve et 6 enfants.




Trajectoire

La Zambie après Mwanawasa

Avec la disparition du président zambien, se pose la grande question de l’avenir du pays. La constitution prévoit en cas de vacance du pouvoir, l’organisation des élections dans les 90 jours qui suivent. Que deviendra la Zambie sans Mwanawasa ? 

La Zambie, connue par le passé sous le nom de Rhodésie du Nord est un pays d’Afrique australe de 12 millions d’habitants. Elle a connu son indépendance en 1964, arrachée de haute lutte à l’administration britannique par une « guérilla pacifique » conduite par Kenneth Kaunda, qui en fut le premier président pendant 27 ans. Battu lors des premières élections multipartites de 1991, Kaunda cède sa place à Frederick Chiluba, du Mouvement pour la démocratie multipartite (MMD.) Les élections générales de décembre 2001 portent Levy Mwanawasa à la tête du pays. En juillet 2006, il remporte un second mandat contre l’opposant Michael Sata, du Front Patriotique (PF). Malheureusement, Mwanawasa n’ira pas au bout de son deuxième mandat, fauché par une attaque cérébrale le 19 août dernier.

Vaste champ économique 

Mwanawasa a engagé un mouvement anti-corruption sans précédent dans l’ensemble du pays, associé à une lutte acharnée contre la pauvreté. Plus encore, grâce à cette lutte et à la réduction des dépenses publiques, les indicateurs économiques du pays sont passés au vert, avec une croissance annuelle supérieure à 6 % en moyenne depuis 2002, et une inflation ramenée à 8,8 % en 2006. Les réserves en devises dépassent le milliard de dollar, même si le pays demeure parmi les plus pauvres de la planète. Pays riche en réserves de cuivre, la Zambie connaît depuis 2002 des investissements massifs de la Chine et de l’Inde. A titre d’exemple, la firme indienne Shree Renuk a annoncé en juin dernier l’investissement de 200 millions de dollars dans le secteur de la production du sucre, avec l’implantation d’une usine qui en plus du sucre produira également de l’éthanol et de l’électricité à partir des déchets de canne. Tout ceci représente plus de six mille nouveaux emplois pour les zambiens. 

 Bataille politique 

Le vice-président Rupiah Banda hérite donc du trône par la force de la loi fondamentale qui lui donne 90 jours pour organiser de nouvelles élections. Il n’a pas annoncé s’il sera candidat. En juillet dernier, alors que tout le monde s’interrogeait sur l’état de santé de Mwanawasa, Michael Sata du Front Patriotique (FP) avait exigé du gouvernement des informations claires sur l’état de santé du président, allant même jusqu’à demander l’envoi d’une équipe médicale à Paris où il était hospitalisé. Cette exigence étant de déterminer si le chef de l’Etat était apte à continuer d’exercer ses fonctions. C’est dire combien la bataille pour la présidence sera rude.

Toutefois, malgré les bons résultats économiques,  les deux-tiers de la population vivent avec moins d’un dollar par jour, et le pays occupe la 166e place des  177 pays les plus pauvres du monde, selon le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).

Kadje Kamga 

Cameroun/Nigeria

Rétrocédé au Cameroun, Bakassi demeure néanmoins un champ de bataille

  La cour internationale de justice de la Haye a reconnu l’appartenance de Bakassi au Cameroun avec son arrêt du 10 octobre 2002. Cela n’a pas empêché de nombreuses attaques contre l’armée camerounaise. 

Connaîtra-t-on jamais l’identité des insurgés qui ont attaqué les soldats camerounais le 09 juin dernier ? Aucune piste officielle ne dit avec certitude qui se cachait derrière ces attaques, ce d’autant que « les enquêtes se poursuivent encore », comme l’a déclaré le ministre camerounais de la défense, Rémy Ze Meka. Cependant, les rebelles et sécessionnistes du Delta du Niger ont souvent été pointés du doigt, tant au Cameroun qu’au Nigeria, même s’ils n’ont jamais revendiqué une seule attaque sur Bakassi. Ils ont plutôt dirigé leurs soupçons vers l’armée nigériane, qui entend s’en prendre à l’armée camerounaise pour des raisons sans fondements selon lesquelles cette armée s’impliquerait dans les transactions d’armes destinées au mouvement sécessionniste. Une accusation que dément naturellement formellement le gouvernement fédéral, la considérant comme des « allégations ridicules ». C’est vrai que le mouvement séparatiste n’a jamais caché son mécontentement face aux accords menant au transfert d’autorité sur Bakassi au Cameroun.

Du côté du Cameroun, la presse dans sa majorité, n’a pas hésité à déclarer que des camerounais sont derrière les dernières attaques. Des noms de hautes personnalités ont souvent été cités, bien qu’il soit impensable que des camerounais décident d’abattre d’autres camerounais.

Une succession d’attaques 

Après l’arrêt de la CIJ de La Haye du 10 octobre 2002, la première attaque nigériane contre les positions camerounaises a lieu en juin 2005.  En ce temps-là, Abuja hésite encore à retirer ses troupes de Bakassi. Le gouvernement camerounais commet un communiqué officiel le 22 juin 2005 et parle « d’incidents regrettables qui ont eu lieu « suite à des attaques répétées des forces nigérianes sur les positions camerounaises ». Le président Biya, qui avait décidé de saisir l’ONU fait un pas en arrière. On pense que, puisque le processus de rétrocession est en cours, le côté nigérian tiendra parole. A la fin, un soldat mort, un blessé grave, et d’importants dégâts matériels attristent la partie camerounaise.

Le 12 novembre 2007, le poste C3, un cantonnement militaire camerounais près de Rio del Rey, dans un village de la crique d’Isanguele est attaqué par une centaine d’hommes à bord de sept vedettes fluviales. Le bilan est lourd : 21 soldats camerounais tués de même que 10 assaillants non identifiés, et d’importants dégâts matériels.

Alors que le Cameroun prend les dispositions nécessaires pour le transfert total d’autorité du 14 août 2008, une autre attaque survient le 09 juin 2008. Dix insurgés et deux soldats camerounais trouvèrent la mort lors de cette attaque. Pour la première fois, l’armée camerounaise, les éléments du BIR en tête, réagit avec énergie, au point de capturer huit assaillants, comme l’annoncera le ministre de la défense, Rémy Ze Meka devant les cameras de la télévision publique.

Le Cameroun ayant récupéré totalement la presqu’île, rien ne dit qu’une autre attaque ne peut pas avoir lieu. Il serait urgent pour l’armée camerounaise de prendre des dispositions constantes pour sécuriser la région, tant il devient éminemment prudent de ne pas enlacer les nigérians, éperdument.

 Kadje Kamga

Île de Gorée

Entre souvenir douloureux et espoir de liberté 

Située à 4 kilomètres  de Dakar, Gorée la belle île,  classée Patrimoine Mondial de l’Humanité par l’Unesco en 1978, continue d’arracher des larmes aux visiteurs qui y viennent  découvrir l’Histoire de quatre siècles de traite négrière. 

La liberté Ce samedi du début du mois de juillet, un soleil peu clément étend ses rayons sur Dakar, la capitale sénégalaise. « C’est bon signe », me lance Bodian Sheick, un confrère du Walf-Grand-Place, l’un des nombreux quotidiens de Dakar. « Nous aurons une merveilleuse visite », ajoute-t-il, ignorant mon étonnement que l’on puisse bien accueillir une telle canicule.  A la Liaison Maritime Dakar Gorée (LMDG), qui abrite l’embarcadère, de centaines de personnes, toutes races confondues, se bousculent pour prendre place à bord de la chaloupe qui les amènera à Gorée. Les prix de la traversée varient, que l’on soit national, africain ou d’ailleurs : 1500,  2500, et 5000 F Cfa. Il est 10 heures, heure locale, nous avons raté les départs de 07, 08 et 09 heures. Dans la salle d’attente où nous prenons place, nous entrevoyons par la vitre la chaloupe « Beer », qui nous fera traverser. Nous sommes à bord quarante minutes après. La chaloupe à moteur baptisée « Beer » et battant pavillon sénégalais à trois étages, avec une capacité de 350 personnes au maximum. Ce samedi, beaucoup de touristes européens découvrent l’Afrique, avec de nombreux écoliers qui pimentent la traversée avec leurs cris quand le bateau est secoué par les vagues. Un gaillard d’une vingtaine d’années, juste en face de nous au troisième étage ne cesse de se tenir l’estomac : « Il a le mal de mer», me souffle avec discrétion Bodian à l’oreille. 

Gorée et la Maison des Esclaves 

La belle petite île est déjà visible, une vingtaine de minutes après le départ de Dakar. L’excitation est perceptible à bord, et les appareils photos et cameras ne loupent rien de ce que la nature d’ici offre. Nous débarquons, et le reporter peut immédiatement faire un constat : Certains bâtiments de  l’île sont menacés par une corrosion maritime. Que deviendront ces bâtiments dans quelques années, s’ils ne sont pas rénovés ? Ces immeubles font la fierté de la Commune de Gorée, avec ses 1500 habitants et ses activités commerciales et touristiques. Nous prenons la route de la Maison des esclaves. L’une des voies pour y accéder passe par la Rue Saint Germain, où est bâtila Statue dela Libération de l’esclavage, offerte parla Guadeloupe le 31 juillet 2002  avec le message « Les frères guadeloupéens à leurs frères d’Afrique. » Traversant les rues avec ses hauts bâtiments à l’architecture homogène. Si l’on écartait les enfants noirs qui jouent à la plage et les gros baobabs, on se croirait dans un Provençal français. L’un des nombreux guides de l’île s’approche pour annoncer que « la présentation va commencer, faites vite. » La foule multicolore se presse, et est accueillie par une grande plaque à l’entrée : Ministère de la culture : Maison des Esclaves. A ce moment, tous ceux qui ont lu Racines de Alex Haley ou qui ont regardé le film tiré de ce livre sont saisis d’émotion. Joseph Diagne n’est plus là. Grâce à son charisme et à sa persévérance, la Maison des Esclaves est le passage obligé pour tous ceux qui viennent à Gorée pour la première fois.  « Il a quelques soucis de santé », nous dira plus tard M. Coly, qui manifestement le remplace valablement bien à cette tâche de « griot de l’histoire de l’esclavage. » L’allure imposante, M Coly engage la présentation de l’édifice, bâti vers 1786, pour enfermer les Nègres en attendant que l'on vienne les chercher afin de les emmener, pour les vendre, de l'autre côté de l'Atlantique.  « Un centre de transit en somme », ajoute-t-il. Pour ce faire, la disposition de la « maison rose » répond à une organisation minutieuse qui ne tient pas compte de l’humanité des Noirs, du bébé jusqu’au vieillard. L’Histoire de quatre cents ans de traite est contée avec des rappels émouvants, dans un Français limpide qui arrachent des réactions diverses au public qui écoute religieusement, appareil photo à la main ou même la caméra et le portable. Ainsi, au rez-de-chaussée et de gauche à droite, la Chambre de pesage pour les nouveaux esclaves. C’est de là qu’on déterminait où irait le captif. Dans la Cellule des enfants ou des jeunes filles, donc « la vigueur et la virginité étaient déterminées par la dureté de leurs seins. Celles qui avaient les seins aplatis n’étaient pas considérées comme vierge, et envoyées dans la cellule des femmes», insistera M. Coly. (Le taux de mortalité dans ces deux cellules était le plus élevé),  Il y avait aussi la cellule des hommes. Les têtus parmi eux étaient envoyés dans « La grande cellule des récalcitrants.» Un couloir exigu où l’on étouffe dès qu’on y passe quelques minutes. L’histoire dit que lors d’une visite à Gorée, Nelson Mandela s’est  assis dans l’une de ces cellules pour grands récalcitrants pendant cinq minutes, silencieusement, avant de continuer la visite. On mentionnera aussi la Cellule des inaptes temporaires, les malades sur le point de décéder ou ceux n’ayant pas pu résister au traitement de la longue route vers Gorée. Au fond du rez-de-chaussée, une porte qui donne sur la mer : la porte du voyage sans retour, par laquelle plus de 15 millions de noirs ont été vendus. 

A l’étage supérieur de la « maison rose », sont conservés des documents historiques liés à la traite des noirs, pour rappeler à la terre entière le mal que ce commerce a fait à l’Afrique. Des textes, une carte géante de l’île, et surtout les chaînes, les menottes, et une vielle carabine qui servait à tenir en respect tous les récalcitrants qui tentaient de s’évader. Il n’y avait pourtant pas d’issue, puisque la moindre tentative était sévèrement punie, et la mer aux abords de l’île était infestée de requins, que les corps des décédés ou d’assassinés avaient attiré en grand nombre.  Pour terminer, M. Coly rappelle que
la Maison des Esclaves n’a plus rien d’avilissant, elle est devenue « un lieu de célébration entre les peuples, l’expression de la démocratie véritable. » 

  Voyage retour 

La présentation terminée, la foule se dirige vers l’embarcadère, avant d’apprendre que la chaloupe qui vient de déverser un autre groupe ne part qu’une heure plus tard. Moment pour certains de visiter d’autres sites historiques de Gorée ou de prendre un pot : La Place des Droits de l’Homme, l’Eglise St Charles de Boromée (1830), l’Ecole communale Léopold Angrand, le Musée historique (1852), la Mairie (1787), le Jardin Botanique Adanson, qui sert de terrain de basket aujourd’hui… 

Sur le chemin du retour, c’est le silence. Les passagers ressassent le discours de M. Coly, qui a demandé aux touristes de porter le message de la liberté de l’Afrique au monde. Certains ne maîtrisent  pas leur dégoût de tout ce qui a été entendu. Et cette dame, à l’accent du sud de la France, de regretter alors qu’elle monte à bord du « Beer » pour retourner à Dakar : « Malheureusement, l’esclavage se poursuit encore de nos jours sous plusieurs formes. » 

Kadje Kamga, du côté de Gorée 




Crise nucléaire nord-coréenne

 Pyongyang sort de l’axe du mal 

Avec ses visées nucléaires, la Corée du nord était aux yeux des Etats-Unis un état terroriste. Vendredi dernier, Pyongyang a accompli un geste symbolique en faisant sauter la tour de refroidissement de son principal réacteur nucléaire, à Yongbyon.

Depuis fort longtemps, les Etats-Unis comptent la Corée du nord parmi les pays soutenant le terrorisme. En 2002, ils avaient déclenché une crise avec elle. Voilà pourquoi Washington tenait absolument à la dénucléarisation de l’archipel. Pour ce faire, de laborieuses négociations entre les EU et la République populaire démocratique de Corée (RPDC) sur le contenu de la liste de ses programmes nucléaires ont récemment abouti, avec la participation de six pays, notamment la Chine, les deux Corées,  le Japon, la Russie et les Etats-Unis. 

Conformément à l'accord intervenu au sein des Six en février  2007, la RPDC a arrêté sa centrale de Yongbyon où a été produit le plutonium utilisé pour son essai nucléaire d'octobre 2006. Depuis janvier, les négociateurs cherchaient une nouvelle formule de compromis sur la question de l’existence ou non d’un programme clandestin d’enrichissement d’uranium. C’est devant les caméras de cinq chaînes de télévisions étrangères que s’est passée la destruction  de la tour de refroidissement de la centrale de Yongbyon. La vapeur qui se dégageait de ladite tour, visible, même sur les photos satellites, témoigne que d’intenses activités nucléaires s’y passaient.  Une autre étape dans le bras de fer laborieux opposant la dictature nord-coréenne  à la communauté internationale depuis des mois a été franchie jeudi dernier. Avec sept mois de retard, la Corée du nord a finalement remis à la Chine une déclaration détaillant ses principales activités nucléaires. En revanche, cette liste ne contient aucune information sur l’armement nucléaire nord-coréen, principal élément d’inquiétude de la communauté internationale. Washington, par la voix de ses experts, a estimé qu’une déclaration plus détaillée sera à l’ordre du jour ultérieurement. Le diplomate américain Christopher Hill, chargé du dossier nord-coréen auprès de Washington a précisé que « l'objectif actuellement, est de répertorier tous les matériaux, installations et programmes nucléaires. » Même son de cloche chez la Secrétaire d’Etat américain, Condoleezza Rice, qui pense que  « cette déclaration est une étape naturelle vers un accord sur les engins et les armes nucléaires. » 

De son côté, le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, avant d’entamer une visite en Asie, a salué comme « développement encourageant » la décision de la Corée du Nord de déclarer et de détailler ses programmes nucléaires à la Chine, pays présidant les négociations à six sur la dénucléarisation de la péninsule Coréenne. Il a exhorté les pays participant aux négociations à six à profiter de cette occasion pour parvenir à une entente définitive avec la dictature nord-coréenne. 

A la suite de ces événements, les Etats-Unis ont immédiatement ôté la Corée du nord de la liste des pays soutenant le terrorisme. Celle-ci n’a pas manqué d’exprimer sa reconnaissance vis-à-vis de Washington. Le geste de Pyongyang pourrait alors lui valoir en plus, la fin de l'isolement politique notamment de la part des Américains, et la normalisation de ses relations diplomatiques. Mais certains pays comme la France, tout en se réjouissant du geste nord-coréen, attendent les conclusions de l'AIEA (Agence internationale de l'énergie atomique) sur le démantèlement nucléaire en Corée du Nord, avant d'envisager une normalisation des relations avec Pyongyang.

Kadje Kamga 

JO Pékin 2008

 Internet sous embargo 

En décidant la semaine dernière de censurer internet pendant les JO, la Chine est restée fidèle à sa gestion des affaires internes : Circulez, il n’y a rien à voir.

On a beau appeler l’attitude du gouvernement chinois provocation, arrogance,  ou même maladresse. Une chose demeure cependant claire : Il l’a dit, et il l’a fait. Le porte parole du comité d’organisation des JO de Pékin, Sun Weide a confirmé que les 5000 journalistes qui couvriront les jeux auront un accès limité à internet. Comme les 253 millions d’internautes chinois, les hommes des médias travaillant au principal centre de presse des JO à Pékin (Main Press Center, MPC) auront internet à dose homéopathique. Explication : L’engagement pris par Pékin était d’offrir un accès internet « suffisant », pas l’accès à TOUS les sites internet : « Notre promesse était que les journalistes pourraient se servir d’Internet pour leur travail pendant les Jeux olympiques. Et nous leur avons donné suffisamment d’accès pour cela», a expliqué le porte parole. 

La motivation de Pékin dans le contrôle de la circulation de l’information est simple : Certains sites enfreindraient les lois chinoises. Parmi les sites considérés comme dangereux par Pékin, ceux concernant le Falun Gong ou le Tibet, la BBC, de la Deutsche Welle, de Reporters sans frontières ou encore d'Amnesty International. 

Promesse 

Devant tant de fermeté, le Comité international olympique (CIO) est très embarrassé, mais reconnaît que les chinois «ont toujours fait clairement savoir que l'accès à certains sites posait problème et nous travaillons avec eux pour nous assurer que les médias aient le moins de restrictions possible. » Selon Giselle Davies du CIO, le comité a pensé que le gouvernement bloquerait juste l’accès à des sites pornographiques ou ceux portant atteinte à la nationale. 

Les réactions indignées du monde face à la décision de la Chine sont pour le moins surprenantes. Elles ressemblent à des jérémiades hypocrites que l’ont émet sans grande conviction. C’était être naïf de croire que la Chine laisserait des milliers d’hommes de médias avoir accès librement à l’outil internet. Pourquoi un traitement de faveur pour ceux-ci, alors que les chinois eux-mêmes sont sous surveillance ? 

Tout le monde sait comment Pékin a réagit quand a éclaté la crise au Tibet. L’information était savamment filtrée. Les prisons chinoises sont pleines de cyber-dissidents, dont on ne sait pas grand-chose, parce que ce qui les concerne relève du secret d’Etat. A côté de cela, il faut aussi ajouter la question des droits de l’homme et des libertés qui ramène toujours la Chine dans la liste des organismes internationaux de défense des droits de l’homme. Les actions menées contre le gouvernement chinois alors que la flamme olympique passait dans certains pays n’ont pas amené la Chine à desserrer son étau autour des questions de libertés. 

Langage clair 

Les mesures prises par la Chine n’étonnent que ceux qui veulent être étonnés. En matière de gestion politique de tout ce qui est interne,
la Chine d’aujourd’hui suit les traces laissées par Mao Zedong lors de la révolution rouge de 1949. Les agitations de l’extérieur (des occidentaux) ne peuvent pas ébranler un système qui a montré sa capacité à résister et à tenir ferme. 

L’occident n’a pas à être surpris par la mesure de Pékin, puisque certains moyens techniques pour mettre en application la censure de la toile sont issus des sociétés occidentales comme Cisco. Pour continuer de développer leurs activités dans la région, des géants comme Microsoft, Google ou Yahoo ont dû se mettre d’accord avec les chinois sur la censure. Selon l’Afp, ce système représenterait près de 30 000 agent de surveillance sur le Net. Et rien ne changera cette situation. Les chinois ont une fois de plus montré qu’ils ne sont pas encore disposés à recevoir de leçons des occidentaux. Pour les JO, l’accès au Net sera « suffisant et acceptable», dans le strict respect des lois chinoises. 

« Nous continuerons à fournir des structures et moyens pour que les journalistes étrangers puissent travailler…Bien sûr, nous espérons aussi que la presse étrangère se conformera aux lois et règlements chinois. Nous espérons qu'elle fournira des informations objectives sur ce qui se passera ici…. Il est inévitable que les peuples de différents pays et régions du monde aient des perceptions qui ne sont pas les mêmes sur différents sujets. Je ne pense pas que politiser les jeux Olympiques aidera à répondre à cela ”, a tenu à indiquer le président chinois Hu Jintao.

Kadje Kamga 

Le monde musical en deuil

 Papa Wendo est mort 

Il était considéré comme le « géniteur » de la rumba congolaise. Papa Wendo n’est plus des nôtres. Il est décédé lundi dernier à l’âge de 82 ans  

C’est une longue maladie qui a eu raison de l’artiste. Son ami et par ailleurs président de l’Ong Artiste en danger (Congo), Shaka Kongo a informé le public que Papa Wendo s’en est allé lundi dernier. Né en 1925, Antoine Wendo Kolosoy, plus connu par son nom d’artiste « Papa Wendo » a marqué le monde musical en 1952 avec son titre « Marie Louise.» Alors que les mélomanes du Zaïre et du reste du monde savouraient les décibels de cette galette musicale, ce titre lui a attiré plutôt les foudres de l’Eglise catholique. Les prêtres belges croyaient tout simplement que la chanson était satanique. En effet, les Congolais d’alors accordaient à la chanson des vertus magiques comme celles de ressusciter les morts ou de faire danser les génies du fleuve. Papa Wendo avait alors connu pour un temps l’excommunication de l’Eglise catholique. 

Difficultés et succès 

Le visage creusé et profond qu’il avait ces dernières années est le résultat des difficultés rencontrées au cours de sa vie. Il est d’abord orphelin très jeune. Pour survivre, il se met à faire des petits jobs. Plus tard, il sera batelier et mécanicien pendant une dizaine d’années et naviguant sur le fleuve Congo. Mais aussi boxeur, puis chanteur, son métier que tout le monde connaît. Le parcours et la vie de Papa Wendo étaient tout un poème, qu’il a su déclamer pendant sa riche carrière. Wendo a contribué à importer en Afrique les musiques aux sons latino-américains, avec les autres ténors de la rumba comme Franco ou Tabu Ley. Le style Wendo était une belle mixture de rumba chaloupée, qui donnait des notes de guitare qui coulent dans un entrelacs de bruissement enveloppé par une voix qui avec les ans, devenait roulante. 

« Amba », son dernier album est sorti en 2003. Avec sa disparition, les hommages viennent de partout, et le quotidien congolais Le Phare titrait mardi : « Un baobab de la musique est mort. » Il n’y a pas mieux pour parler de Wendo, à qui le réalisateur Jacques Sarasin a consacré l’année dernière un documentaire au titre très évocateur : « On the Rumba river», que nous traduirons librement : « Sur la rivière Rumba. » Un film qui apparaît aujourd’hui comme le testament laissé par l’artiste. Des témoignages, des rencontres inédites et des retrouvailles entre Wendo et ses anciens musiciens. Un cocktail assaisonné de tranches de vie quotidienne et familiale. La caméra du réalisateur ne loupe rien, et fait revivre la musique quand Papa Wendo, poussé par sa femme va rassembler ses anciens compagnons pour remettre la rumba originale à la une. Les guitares et les maracas pourront encore se faire apprécier, même si Wendo s’en est allé. Salut l’artiste.

 Kadje Kamga